Avant
de mourir, Thérèse disait : « Je
passerai mon ciel à faire du bien sur la terre ». Oui, « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre ».
Mais d’où lui venait cette conviction profonde, cette certitude pour
qu’elle puisse dire : « Je
passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » ?
que
le ciel serait pour elle une occasion de faire du bien sur la terre ?
Dès son plus jeune âge, ses parents basaient leur vie familiale sur le
rythme de l’Amour pour Dieu. Dans la famille Martin, on prenait le
temps de prier quotidiennement en famille. On y vivait l’Eucharistie
tous les matins, on pratiquait l’adoration et, en temps de carême, on
multipliait les sacrifices, mais surtout, le
souci des pauvres était toujours une priorité.
Les
enfants Martin se préparaient sérieusement pour leurs premiers
sacrements. Même que très jeune, Thérèse avait tellement hâte de
faire sa première communion qu’elle dit à sa sœur Céline : « Quand
on sera à l’église, je vais me faufiler parmi les autres pour aller
chercher une hostie. Je suis assez grande. » Naturellement, Céline
n’a pas voulu. À sa première communion, Thérèse dira dans son émerveillement :
« Qu’il est doux ce
premier baiser d’amour dans mon cœur. »
Dès
l’âge de 13 ans, elle ressent intensément l’appel du Carmel. Elle
choisit donc le jour de
la Pentecôte
et le jardin aux Buissonnets pour demander à son père, Louis, la
permission d’entrer au couvent. Toute sa vie s’oriente déjà vers Jésus.
Après de multiples démarches auprès des responsables du couvent et de
l’aumônier, elle ira jusqu’à Rome pour faire part de son désir au
Pape. Plusieurs personnes essaient de la décourager. Mais Thérèse ne
renonce pas et se laisse toujours séduire et saisir par la bonté de
l’amour et de la miséricorde de Dieu.
À
quinze ans, elle entre finalement au Carmel. Elle devient ainsi l’épouse
de Jésus et celui-ci devient sa première et unique préoccupation,
« le numéro un » de sa vie. Le chemin qu’elle choisit est
celui de la confiance, car «c’est la confiance qui mène à l’Amour. »
Aimer
avec Jésus, c’est se laisser transformer par l’amour dans notre
vie, c’est-à-dire dans les petites choses du quotidien comme :
le travail, l’oraison, la récréation, les repas, le lavoir, en somme
dans tous les moments de la journée.
Ce
sont ses différentes épreuves et la longue nuit de sa foi qui font que
la veille de sa mort Thérèse peut dire en toute confiance :
« Je vais passer mon ciel à faire du bien sur la terre. »
Je
témoigne que, depuis le début de ce pèlerinage, la volonté de Thérèse
à faire du bien sur terre se confirme. Permettez-moi de vous raconter
ce que j’ai vécu dans les hangars d’Air Cargo à Paris et qui
s’est reproduit dans les hangars d’Air Cargo à Montréal.
Imaginez
de grands entrepôts avec de la machinerie, des boîtes à emballer et
à déballer, des bruits incessants, des ouvriers costauds se pressant
pour faire leur travail. Nous sommes dans les locaux d’Air Cargo.
Pourtant, que ce soit à Paris ou à Montréal, le même phénomène
s’est produit. À notre arrivée, tous s’activent à transporter et
à déplacer bruyamment des colis. Mais dès qu’on a retiré le
caisson dans lequel était enfermé le Grand Reliquaire, on s’est
rendu compte que Thérèse ne passe pas inaperçue. Quelque chose
d’inattendue se produit. Le bruit cesse ! Voilà, on se serait cru
dans un lieu mystique. Une église se construisait dans l’entrepôt.
Les travailleurs laissent leurs occupations et approchent le reliquaire
avec respect et douceur. Ils regardent. Plusieurs de ceux-ci viennent
spontanément nous demander s’ils peuvent toucher. Ils se signent de
la croix. Quelques uns le font rapidement, probablement gênés devant
leurs collègues, et d’autres prennent le temps de le faire doucement.
D’autres encore nous questionnent : « Qu’est-ce que je
dois dire ? Qu’est-ce que je dois faire ? » Nous répondons :
« Tu peux lui confier ce que tu portes dans ton cœur. Elle va
t’écouter et elle va t’aider. » Ce qui nous unissait tous,
c’est le signe de la croix, cette même croix que Thérèse a tant vénérée.
Que ce soit à Paris ou à Montréal,
tant que nous ne sommes pas sortis des entrepôts, le silence et le
respect régnaient.
Quelle
grâce, mes sœurs, mes frères, nous avons vécue.
« Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre. »
Thérèse était bien là !
Hier
soir, avant le souper, je disais à mon équipe, « Vous êtes des
prophètes, des missionnaires, vous êtes là pour accompagner par un
regard, un sourire, une tendresse, une parole les différentes personnes
qui viendront prendre quelques instants de prières, de réflexions auprès
du grand Reliquaire. Ne sont-ils pas magnifiques ces moments de
communion ?
Nous
passerons bientôt à Terre-Neuve où l’église terreneuvienne vit un
passage difficile après les soubresauts des dernières années. L’église
terreneuvienne a besoin d’un vent nouveau, d’un regain de vie et
tous espèrent que le passage de Thérèse ravive la foi des
terreneuviens.
Chères
Sœurs de Thérèse, nous avons besoin de vos prières, de vos oraisons,
de vos célébrations tout au long de ce périple. Après, Terre-Neuve,
nous revenons vers Québec. Le voyage de Thérèse se terminera par une
neuvaine au Sanctuaire de Ste-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus de
Beauport.
Comme
chrétiens, nous avons besoin de nous sentir proche d’un saint,
d’une sainte qui nous inspire comme modèle. Pour la première fois,
nous pourrons, dans quelques semaines, nous appuyer sur un couple
bienheureux. J’aimerais vous parler de Louis Martin et de Zélie Guérin,
les parents de Thérèse. Ils seront les premiers à être béatifiés
comme couple et non en tant qu’individus. L’évènement se tiendra
le 19 octobre prochain, en la Basilique de Lisieux. Mais attention,
Louis et Zélie ne seront pas béatifiés à cause de Thérèse. Non !
Ils seront béatifiés parce que la trame de leur vie, de leur enfance
à leur mort, était basée sur une foi indéfectible envers Dieu. Même
dans leurs grandes épreuves, ils ne se sont pas révoltés contre Dieu.
Ils ont continué à chercher leur vocation et leur mission pour répondre
à l’appel de Dieu. Ils étaient ensemble des témoins rayonnants de
leur foi là où ils se trouvaient.
Savez-vous
que Louis a été refusé au Séminaire car il devait d’abord
apprendre le latin. Zélie, elle, voulait être religieuse, mais
la Supérieure des Filles de la Charité lui dit que telle n’était
pas la volonté de Dieu pour elle. Puis, Zélie et Martin se rencontrent
et ne tardent pas à s’apprécier et à s’aimer. Ils ont eu neuf
enfants dont quatre mouront jeunes. Zélie et Louis Martin progressent,
marche par marche, dans la sainteté en traversant les étapes que
rencontrent les couples modernes. Comme plusieurs, ils s'inquiètent
pour leurs affaires, ils sont soucieux de l'éducation de leurs enfants
et font face aux maladies contemporaines : le cancer pour Zélie et une
maladie neuro-psychiatrique pour Louis. Cependant, ils continuent de répondre
ensemble avec une foi inébranlable à l’appel de Dieu.
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BEATIFICATION
de Louis et Zélie Martin,
parents de sainte Thérèse
Dimanche
19 octobre 2008
à la Basilique de Lisieux
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Pour
être reconnu bienheureux, il faut, en plus d’une vie de foi, qu’il
y ait eu un miracle reconnu comme étant l’intervention de la personne
invoquée. Dans le cas de Louis et Zélie Martin, on leur attribut la guérison
du petit Pietro Schilirò, né le 25 mai 2002. Dès l’accouchement,
il est transporté aux soins intensifs pour grave insuffisance
respiratoire. Il est intubé, relié à un respirateur. Le 3 juin, les médecins
le déclarent en grand danger de mort. Ses parents se confient à un Père
carme. Celui-ci propose aux
parents de faire une neuvaine de prière à Louis et Zélie Martin, ce
qu’ils acceptent en demandant à de nombreux parents et ami(e)s de se
joindre à eux. Une image des parents Martin est accrochée au lit de
Pietro.
La
famille et ses amis commencent une neuvaine. Les médecins notent des améliorations
imprévisibles à tel point que le 29 juin, le jour de sa mort présumée,
une amélioration sensible s’est déjà manifestée. Le 2 juillet,
l’enfant est libéré du respirateur et le 27 juillet, il quitte l’hôpital.
Il a alors trente-trois jours.
De
nombreux médecins conseillent aux parents de faire examiner le cas de
leur fils par une commission d’Église. Après enquête auprès de
nombreux témoins, dont sept médecins, l’Église reconnaît la guérison
miraculeuse.
Si
vous rencontrez des personnes qui vivent un deuil d’enfant,
recommandez-leur de prier Louis et Zélie Martin.
Je
terminerai en vous parlant de Léonie, la sœur de Thérèse. Elle était
en quelque sorte le mouton noir de la famille.
La
« pauvre Léonie » : c’est ainsi qu’on la désigne dans la famille
Martin. Pauvre, si on la compare à ses sœurs dotées de dons
spirituels, artistiques, intellectuels. Pauvre, car elle a eu un
cheminement difficile !
Dès
sa naissance, ses parents s’inquiètent en raison de sa frêle santé.
Quand sa santé semble se stabiliser, elle manifeste un caractère
difficile qui nuit à l’atmosphère familiale.
Grâce
aux prières de sa tante religieuse, Léonie commence une transformation
qui s’accélère après la mort de Zélie Martin.
De
plus en plus de parents, qui ont de la difficulté avec un enfant, vont
maintenant prier sur la tombe de Léonie pour lui demander de les aider
et ceux-ci reçoivent son aide. Alors, si vous connaissez des parents,
qui vivent des difficultés avec un enfant, parlez-leur de Léonie.